Revue des marchés de juin 2026
Canada vie - 8 juillet 2026
Comment l’inflation, les taux d’intérêt et les événements mondiaux influencent-ils les marchés? Les marchés boursiers mondiaux sont demeurés plutôt stables en juin, mais les perspectives d’inflation et de politique monétaire ont continué d’alimenter
Introduction
Les marchés boursiers ont terminé le mois de juin sans grand changement. Bien que les États-Unis et l’Iran aient conclu un protocole d’accord de paix, ce qui a fait baisser le prix du pétrole, les investisseurs restent préoccupés par l’effet prolongé qu’aurait le conflit sur l’inflation et l’économie mondiale. Les titres de l’IA ont souffert de périodes de volatilité au cours du mois, car les investisseurs se demandent quels seront les retours sur les investissements en IA.
Les pressions inflationnistes se sont accélérées partout dans le monde. Avant de modifier leurs taux d’intérêt, les grandes banques centrales surveillent étroitement les conséquences à long terme qu’aura l’inflation sur leurs prévisions. La Banque du Canada (BDC), la Réserve fédérale des États-Unis (Fed), la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon ont toutes opté pour le statu quo en juin. Pour sa part, la Banque centrale européenne a rehaussé son taux directeur de 25 points de base pour tenter de contenir l’inflation.
Au Canada, l’indice composé S&P/TSX s’est légèrement avancé grâce aux secteurs financiers. Le rendement des obligations gouvernementales à 10 ans du Canada a terminé en légère baisse. Celui des bons du Trésor des États-Unis a progressé. Le prix de l’or s’est replié ce mois-ci.
Les États-Unis et l’Iran signent un protocole d’accord de paix
À la mi-juin, les États-Unis et l’Iran ont signé un protocole d’accord de paix devant mettre un terme à 100 jours de conflit au Moyen-Orient et à l’une des plus grandes sources d’incertitude ayant pesé sur les marchés mondiaux cette année. Arbitré par le Qatar et le Pakistan, l’accord appelle à la réouverture du Détroit d’Ormuz, une voie de passage critique pour le pétrole mondial, et à la levée du blocus maritime états-unien des ports iraniens. Il s’agit d’une première étape. Les enjeux à plus longue échéance, tels que les sanctions imposées à l’Iran et le programme nucléaire iranien demeurent à négocier. Elle a cependant suffi à apaiser les craintes des investisseurs quant au dérèglement prolongé de l’offre en pétrole. Le prix de celui-ci a aussitôt baissé, et le prix de référence du pétrole brut a chuté à son point le plus bas depuis le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, car les opérateurs de marché l’ont fixé en prenant en compte la normalisation du trafic dans le détroit. Cette baisse a de quoi réjouir les Canadiens, car le prix de l’essence a été un important moteur de la récente remontée de l’inflation. Si l’apaisement des tensions au Moyen-Orient perdure et le prix du pétrole continue de fléchir, cela pourrait amoindrir les pressions inflationnistes et leurs conséquences sur les consommateurs et les entrepreneurs canadiens. Le prix du pétrole a terminé juin en baisse.
La Banque du Canada fait face à un contexte problématique concernant sa politique monétaire
Lors de sa rencontre de juin, la BDC a maintenu son taux cible du financement à un jour à 2,25 % pour une cinquième fois de suite, optant pour le statu quo au lieu de pencher dans un sens ou dans l’autre. Les administrateurs sont sur la corde raide : l’économie s’est affaiblie et l’incertitude entourant la politique tarifaire des États-Unis persiste, mais l’inflation est restée élevée à cause de l’augmentation du prix du pétrole due au conflit au Moyen-Orient. Pour l’heure, la BDC observe peu de signes indiquant que la majoration du prix de l’énergie affecte d’autres biens et services, ce qui lui permet d’attendre au lieu de réagir. Selon les données publiées en juin, le taux annuel de l’inflation canadienne s’est hissé à 3,2 % en mai, c’est-à-dire plus rapidement que depuis décembre 2023, en raison de la flambée du prix de l’essence et du panier d’épicerie. Comme le carburant et les aliments leur coûtent plus cher, les ménages voient leurs budgets rétrécir et ont moins d’argent pour les dépenses discrétionnaires. Dans le même temps, les entreprises doivent absorber l’augmentation du prix des intrants, ce qui risque de gruger leurs profits. Même si l’inflation globale demeure élevée, l’inflation de base est restée proche de la cible des 2 % de la BDC, confirmant l’analyse voulant que la flambée de l’énergie n’ait pas encore atteint d’autres produits de consommation. Somme toute, la mollesse de la croissance économique et l’inflation élevée indiquent que l’économie a de réels problèmes et que la BDC va sans doute préférer faire montre de patience avant même de penser à changer les taux d’intérêt dans les mois à venir.
Aux États-Unis, l’inflation dépasse les 4 %
Aux États-Unis, les principaux chiffres quant à l’inflation ont dépassé les 4 % en mai, preuve que l’explosion du prix de l’énergie causée par le conflit au Moyen-Orient a un effet certain sur les prix à la consommation. Comme il a été rapporté en juin, l’indice des prix à la consommation s’est relevé de 4,2 % d’une année sur l’autre, son point le plus haut depuis avril 2023 et la troisième accélération mensuelle consécutive. Dans le même temps, la donnée préférée de la Fed en matière d’inflation, soit l’indice des prix à la consommation personnelle (PCE), raconte la même histoire avec une hausse de 4,1 % d’une année sur l’autre en mai, ce qui est également son sommet depuis 2023. Dans les deux cas, la flambée des prix découle principalement du coût de l’énergie, notamment de l’essence qui a augmenté de plus de 40 % en un an, toujours à cause du conflit au Moyen-Orient. La hausse rapide du coût de la vie met à mal des ménages états-uniens, particulièrement parce que les dépenses liées au gaz, à l’alimentation et au logement ne cessent de s’accroître et incitent les consommateurs à réduire les autres achats. Toutefois, le prix du pétrole a déjà commencé à baisser depuis les progrès réalisés par les États-Unis et l’Iran quant à un accord de paix qui pourrait contribuer à mâter l’inflation d’ici quelques mois. La Fed a maintenu le taux de ses fonds fédéraux à l’intérieur de la fourchette cible de 3,50 %–3,75 % lors de sa rencontre de juin. Ses administrateurs sont quelque peu divisés sur l’évolution future des taux d’intérêt. Étant donné que l’inflation risque de durer et que l’activité économique est relativement stable, on s’attend à ce que la Fed doive relever les taux d’intérêt en 2026 afin de refroidir les pressions inflationnistes.
En Chine, les ventes au détail reculent pour la première fois en plus de trois ans
En juin, on a annoncé que les ventes au détail chinoises ont perdu 0,6 % d’une année sur l’autre en mai. Il s’agit du premier déclin annuel depuis décembre 2022. Ce recul s’explique par la chute des dépenses discrétionnaires importantes. Les ventes d’automobiles ont plongé de 16,1 %, et celles d’appareils électroménagers, de mobilier et de matériaux de construction ont fait de même. À l’inverse, les dépenses essentielles — alimentation, boisson, habillement — ont tenu bon. Cette faiblesse contraste avec le secteur industriel chinois qui continue à se développer en raison de la hausse des exportations, mettant en évidence une économie inégale dans laquelle les usines progressent plus vite que les dépenses des ménages. Quoiqu’il en soit, la mollesse de la demande intérieure exige du gouvernement chinois qu’il renforce les mesures destinées à soutenir les consommateurs pendant le deuxième semestre de 2026. Si l’on ajoute à cela la faiblesse du marché immobilier, les consommateurs chinois pourraient avoir besoin d’un coup de pouce afin que l’économie du pays retrouve sa vigueur d’antan. En juin, la Banque populaire de Chine a maintenu ses taux préférentiels des prêts à un an et à cinq ans. Mais elle pourrait devoir les réduire si la demande intérieure et le marché de l’immobilier restent apathiques.
Rendements des marchés - au 30 juin 2026



